Promenade sur les collines calcaires de Rosenwiller
Une promenade découverte des collines calcaires du Berg et du Holiesel de Rosenwiller, niché au fond du vallon du Rosenmeer. Le sentier, balisé d'une dizaine de bornes d'interprétation, serpente entre le vignoble des coteaux calcaires et les prairies sèches des collines.
- Le 09 mars 2020 - Rosenwiller, Bas-Rhin -
Réécrit le 16 mars 2026
Par Claude_H.
Nous avons habité un peu plus d'une dizaine d'années à Rosenwiller dans l'ancien presbytère reconverti en appartement. Du deuxième étage de notre logement, nous dominions le village viticole qui s'étalait autour de nous. Au loin, vers l'est, par-dessus les toits de tuiles rouges se détachait la ligne sombre de la Forêt-Noire. Du haut de la colline du Berg, au milieu des vignes, la vue s'étalait sur la plaine jusqu'à Strasbourg, facilement identifiable par l'unique flèche de la cathédrale.
La table d'orientation domine les vignes du Berg.
Rosenwiller était pour nous le point central, une sorte de camp de base pour nos promenades et nos randonnées. Des sommets vosgiens aux ruines castrales, en passant par les forêts alluviales des bords du Rhin ou les rochers ruiniformes des Vosges du Nord, la grande majorité de ces sites à découvrir dans la région étaient à portée de main, souvent à moins d'une heure de route.
Debout avant l'aube, je contemple du haut du Berg, l'horizon que le soleil rosit.
Mais notre environnement immédiat était également une source de balades et de découvertes. Le sous-sol de ces collines sous-vosgiennes que nous avions sous nos pieds est constitué de roches calcaires issues de l'ère secondaire, il y a 250 millions d'années. Roche perméable, le calcaire ne retient pas l'eau de surface qui s'infiltre rapidement.
Bien exposées au soleil, les collines bénéficient d’un microclimat chaud et sec. À l'origine recouverte d'une forêt de chênes pubescents entrecoupés de clairières, l'homme (il n'y en avait pas qu'un !) commença à défricher la chênaie à partir du VIIᵉ siècle.
La silhouette monumentale de la cathédrale de Strasbourg se détache sur fond de Forêt-Noire et d'horizon brumeux.
Au fil du temps, le milieu se transforme en prairies et en pelouses sèches, et les coteaux les plus exposés se couvrent de vignes. Deux de ces collines, le Holiesel et le Berg, dominent Rosenwiller, niché au fond du vallon du Rosenmeer.
Février, le soleil se lève sur la vallée, il fait froid. Parfaitement alignées, immobiles et nues, les rangées de vignes attendent le réveil à la vie.
Un jour nouveau va se lever. Debout bien avant l'aube, je contemple, comme presque chaque matin, l'horizon que le soleil rosit. Là, à la pointe du jour, au milieu des ombres des vignes du Holiesel, je hume l'air frais et humide des collines. De la nuit qui se meurt tout doucement émerge vers l'est la ligne sombre de la Forêt-Noire.
D'un méplat du coteau ouvert sur la plaine se découvrent les villages aux toits blanchis par le givre et les cheminées qui fument aux premières lueurs de l'automne.
Au détour d’un chemin, entre le lever du brouillard et les premiers éclats du soleil, il n'est pas rare d'apercevoir, à la lisière d'un sous-bois, la silhouette furtive d'un chevreuil.
Décembre, la nature s'est endormie pour de longs mois. Sur les coteaux du piémont vosgien, les dernières grappes d'or de riesling ou de muscat sont figées par le gel. Sous l'effet d'une savante alchimie, ces grappes oubliées vont maintenant se transformer en vin de glace.
Cette nuit le gel a figé la nature. Les feuilles de vigne se sont ourlées de fines dentelles de glace. C'est un spectacle éphémère avant que le pâle soleil d'hiver ne parvienne à réchauffer l'air de ses rayons obliques.
Griffon ou dragon, la nature aussi sait créer son bestiaire de créatures fantastiques.
Dans la vallée, un léger voile de brume flotte sur les campagnes, d'où seule pointent les clochers des églises. Sous la voûte céleste, calme et uniforme, quelques traînées de vapeur blanche emportent vers des contrées lointaines des rêves de voyage. Pas un bruit ne vient troubler ce moment de silence et de bien-être absolu où seul compte l'instant présent.
Un linceul d'hiver recouvre les vignes et les bois. J'habitais alors Rosenwiller, au pied des collines. En quelques enjambées, je me retrouvais au milieu du grand silence blanc.
Ils suspendent en haut d'un pin des figurines d'argile modelées. Alors tout le vignoble se couvre d'une foisonnante production, elle remplit le creux des vallons et la profondeur des gorges boisées.
Virgile, Les Géorgiques, livre II
Zone protégée, la colline du Holiesel sur les hauteurs de Rosenwiller, est le domaine des prairies sèches et des bosquets. La fauche tardive permet à de nombreuses espèces d'oiseaux nichant au sol de mener à bien leur reproduction.
Autrefois recouverte d'une forêt composée essentiellement de chênes, la colline du Holiesel a été défrichée vers le VIIe siècle.
Le sommet de la colline est un espace ouvert et lumineux, où il fait bon flâner et se promener en toutes saisons, entre pelouse et bosquets. Exposé au soleil (si le ciel n'est pas couvert) toute l'année, c'est une flore spécifique qui s'est développée sur la colline.
La flore des prairies sèches du Holiesel: la sauge des prés, le sainfoin, la fétuque élevée, le chardon, etc.
Il a l'aspect d'un serpent, il a la couleur d'un serpent, mais ce n'est pas un serpent. C'est un orvet, un lézard sans pattes croisé sur le Holiesel un jour de mai 2019.
Allez Hoplà, c'est tout pour aujourd'hui, salü bisàmme!
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Reviewed by claude
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08:17
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Waouh ! Merci pour ce partage. Les photos sont superbes, les descriptions riches d’enseignement.
RépondreSupprimerSylvie
Merci pour votre commentaire
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