À la découverte du Hohbuhl
Ce matin, les vallées environnantes baignent dans un épais brouillard et un froid de canard, tandis qu'ici, à 753 m d'altitude, un soleil toutefois encore un peu hésitant chasse l'obscurité de la nuit. Rien n'a changé depuis ma dernière venue en 2015, si ce ne sont les vaches de la race Salers, me semble-t-il, qui sont rentrées à l'étable pour passer la mauvaise saison bien au chaud.
- Le 22 janvier 2026 - Le Hohbuhl, Grendelbruch -
Par Claude_H.
Il y a dix ans, je débutais ma balade au col du Bruchberg, non loin de la nécropole nationale. C'était d'abord un rapide aller-retour au piton du Falkenstein dans une forêt parsemée de rochers et hantée par les redoutées tiques. Le Falkenstein offre une vue magnifique sur la vallée de la Bruche et, pour qui sait voir loin, sur les rochers et les châteaux du Nideck.
On distingue les deux ruines des châteaux qui dominent le rocher de la cascade. À droite le rocher du Hischfels.
De retour au Bruchberg, je partais alors en direction de ce que l'on appelle "le signal de Grendelbruch" ou "Schelmeck", qui n'est autre que la crête du Hohbuhl matérialisée par un mât, une table d'orientation et une aire de pique-nique.
Autrefois recouvert par la forêt, le Hohbuhl est aujourd'hui un vaste espace ouvert.
Au point le plus haut du Hohbuhl, le sol est à nu. Là se dresse une arête rocheuse qui émerge de la terre, évoquant la silhouette emblématique de la crête osseuse d'un Stegosaurus, un dinosaure herbivore du Jurassique. Cette formation géologique, sculptée par les éléments au fil des millénaires, présente des contours irréguliers et des aspérités qui rappellent les écailles du reptile préhistorique
.Une arrête de granit qui émerge du sol.
Dix ans plus tard
22 janvier 2026, rien n'a changé. Il semble que rien n'ait véritablement évolué depuis ma dernière visite. J'ai l'impression d'être venu hier. Les lieux et même l'atmosphère semblent figés, renforçant cette sensation que le temps s'est arrêté. Mais là ce n'est pas le moment de philosopher sur le temps qui passe et qui ne s'arrête jamais. C'est pour une petite randonnée d'une demi-journée que nous sommes venus.
En ce matin d'hiver, la tranquillité et la paix (pax alsaticae) enveloppent la chaume du Hohbuhl.
Le point de départ se trouve à côté du cercle de pierres, un pseudo "cromlech avec menhirs" érigé dans les années 1980 en utilisant des pierres collectées dans les environs. C'est sous un soleil presque radieux et une température bien agréable (6°C) pour marcher que débute notre rando.
Le soleil levant illumine le cercle de pierres.
C'est un large chemin en pente douce et non balisé, d'abord à découvert puis en forêt, que nous suivons en direction du col du Birleylaeger. Par une trouée dans la végétation, la vue porte vers la nécropole nationale, à la limite du brouillard givrant qui emprisonne le fond des vallées et toute la plaine d'Alsace.
Un épais brouillard dissimule la vallée.
En 2020, la présence d'un loup (pas végétarien) avait été confirmée grâce à un piège photo dans la forêt de Grendelbruch. Sur nos gardes, nous avançons donc à pas de loup sans trop nous attarder, car la bête féroce peut surgir à tout instant et nous manger tout cru.
Les rayons du soleil, teintés de nuances orangées et dorées, se frayent un chemin à travers les branches des sapins.
Nous arrivons sains et saufs au col, ou plutôt au carrefour, du Birleylaeger. De là nous suivons le disque rouge pour rejoindre le col de la Franzluhr, où se croisent plusieurs chemins de randonnée. À 825 m d'altitude, quelques plaques de neige bien gelées font encore de la résistance.
Un chemin forestier sans dénivelé relie les deux cols.
Au col de la Franzluhr, nous abandonnons le disque rouge pour suivre la croix jaune qui va nous mener vers notre prochaine étape, le Kohlplatz, le point extrême de notre sortie nature. En cours de route, je remarque que certains sapins sont couronnés d'étranges petits ornements de couleur orange ou bleue. J'en déduis que ces tiges sont des protections du bourgeon terminal contre le gibier.
Au Kohlplatz, une aire de pique-nique nous tend les bras et nous en profitons pour nous restaurer et nous reposer un instant. L'avant-dernière étape de notre périple est le Mullerplatz, un croisement de chemins de randonnée dont le GR532, balisé du rectangle jaune.
Le Kohlplatz, une aire de repos pour randonneurs fatigués.
Bien que la température soit légèrement positive, rester assis un petit moment fait que déjà le froid nous gagne. Il est donc temps de se remettre en route, d'autant plus qu'un bon repas bien au chaud nous attend à l'auberge de la Rothlach. Le GR532 que nous venons de croiser va nous servir de guide pour nous ramener tranquillement vers notre point de départ.
Ces gouttelettes qui scintillent ont traversé le granit, le calcaire et l'argile, elles ont été neige sur la froide montagne... Elisée Reclus.
Le ruisseau de Russ, qui nous accompagne sur quelques centaines de mètres, rejoint un peu plus bas le Muckenbach, puis se jette dans la Bruche à hauteur de Russ. Par quelques ouvertures de la végétation se profile, au-delà de la vallée de la Bruche toujours plongée dans un épais brouillard, l'incontournable Donon surmonté de son tout autant inséparable émetteur de télévision.
Le massif du Donon nous accompagne sur le chemin du retour.
Nous arrivons doucement à la fin de notre promenade et étonnamment nous n'avons rencontré âme qui vive durant notre parcours, ce qui n'est pas pour me déplaire. Les conditions climatiques qui règnent dans la vallée y sont certainement pour beaucoup. Le froid mordant et le brouillard givrant créent une atmosphère peu engageante, qui n'incite guère à sortir de son cocon.
Il est maintenant midi, l'heure d'aller nous restaurer à l'auberge de la Rothlach.
Après cette pause bienfaisante, la journée n'est pas encore tout à fait terminée. Mon idée étant de monter au rocher qui domine Grendelbruch.
Balisé du disque jaune, c'est un sentier assez pentu, et qui se perd parfois dans la végétation, qui monte vers le rocher. Arrivé au sommet, un panonceau indique "belle vue à 3 min". Cette belle vue ne tient malheureusement plus ses promesses, la végétation en a eu raison.
Voilà, c'est tout pour aujourd'hui. Vous pouvez éteindre votre ordinateur et reprendre une activité normale.
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Reviewed by claude
on
18:16
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Très belles photos, des paysages magnifiques.
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