Le château de Waldsberg (Hagelschloss)
Article publié le 01/05/2026 par Claude_H.
Sa construction à la pointe nord du mur païen, dont des pierres seront utilisées, remonte probablement à la fin du XIIᵉ siècle. En 1256, il semble être aux mains d'un certain Roger de Waldsberg. Après être passé entre plusieurs mains, une partie du Waldsberg est occupée par un chevalier brigand du nom de Walter Erb. En 1406, il a la fausse bonne idée de prendre en otages des bourgeois de Strasbourg qui se rendent à Obernai.
Après leur libération, la ville de Strasbourg déploie son artillerie (de renommée internationnale) autour du château. La garnison se rend après une semaine de siège. Entre-temps le sieur Erb s'est courageusement éclipsé avant que le château ne soit totalement rasé. Jamais reconstruit, il sombre peu à peu dans l'oubli.
L'arche relie deux rochers en bout de falaise.
Du château lui-même ne subsistent plus que quelques rares vestiges. Je m'attarde cependant sous l'arche de 6 mètres de portée surplombant une faille du rocher. Cette technique de construction, en reliant ainsi les deux rochers en bout de crête par un arc de décharge, permettait d'agrandir la surface du logis du Waldsberg.
L'arc de décharge vue de dessus.
L'accès au sommet du rocher et la végétation assez dense qui a envahi le site rendent la visite assez acrobatique et un peu dangereuse. Il faut s'accrocher aux racines et aux branches pour réussir à grimper au sommet de l'arche.
Des pierres d'époques différentes.
Les canons de Strasbourg ont fait place nette, si on peut dire. Du château, il ne reste pratiquement plus rien. La végétation a pris possession des lieux, elle est partout. Quelques vestiges de murs en pierre à bossage ici ou là. D’ailleurs, on ne sait plus trop où s'achève le mur païen et où commencent les murailles du château, tout s'entrelace, tout s'entremêle.
Des portions de mur effondrées
À l'arrière du château, un large fossé sépare le site en deux parties. Certains voient dans cette séparation la présence de deux constructions castrales. Il est difficile de se faire une idée plus précise, il reste bien trop peu d'éléments pour confirmer cela, le Waldsberg n’ayant jamais fait l’objet de fouilles archéologiques. Il serait peut-être urgent d’en réaliser avant que les dernières traces ne s'effacent complètement.
Le fossé de séparation du site.
L'accès à la ruine peut se faire de Vorbruck sur la D426, située entre Klingenthal et le mont Sainte-Odile. En face du parking, un chemin balisé de la croix rouge et du chevalet bleu monte pratiquement en ligne droite jusqu'à un croisement de chemins. De là on abandonne la croix rouge pour suivre par la droite le chevalet bleu jusqu'au pied de l'arche.
Vue sur la maison forestière Ochsenlager depuis le sommet du Waldsberg-Hagelschloss
Un autre chemin est également possible pour accéder aux ruines du mystérieux Waldsberg-Hagelschloss. Depuis le lotissement de l'Eichwaeldel à Klingenthal, monter en voiture (ou à pied) jusqu'à la maison forestière de Rathsamhausen et se garer. À droite de la maison forestière, après les deux châteaux d'Ottrott, suivre à pied le chemin balisé du chevalet bleu en passant devant les vestiges du Koepfel jusqu'à un croisement de chemins balisés puis suivre les indications affichées.
Mais qu'importe le chemin emprunté, le moment idéal est un matin d'automne, quand la forêt du Hohenburgerberg, où se croisent légendes et réalité, se couvre d'or et d'argent. Entre ombre et pénombre, toute la montagne baigne alors dans une atmosphère irréelle. Le brouillard, remontant depuis le fond de la vallée de l'Ehn, s'étire et recouvre toute la forêt. Il se glisse entre les vestiges éparpillés et s'accroche aux branches des arbres. C'est beau et mystérieux à la fois.
Les fantômes du Waldsberg
Une histoire (peut-être) vraie !
Alors je vis sous l'arche funèbre, sortir des galeries souterraines du château, le cortège éternel des fantômes du Waldsberg. Ils avançaient dans un ordre parfait, une procession macabre qui suivait un chemin invisible, tracé il y a des siècles. Le cortège était silencieux, d'un silence plus lourd que n’importe quel bruit. Je distinguais des visages tirés, des yeux creux où brillait une lueur pâle, non pas de vie, mais de souvenir, de regret.
Les spectres firent cercle autour d'un vieux hêtre puis disparurent à nouveau sous l'arche maudite, s'évaporant dans les ténèbres du château comme s'ils n'avaient jamais été là.
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Reviewed by claude
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