À la découverte du Simserhof

Le Simserhof
Siersthal, Moselle.
Article publié le 25/07/2026 par Claude_H.


Après la visite des blockhaus du Bisenberg, nous voici partis à la découverte de la fortification du Simserhof, un ouvrage majeur de la Ligne Maginot. Avant de pénétrer dans le cœur de la forteresse, nous avons d'abord parcouru une partie du chemin des blocs de combat et des rails antichars.





La première partie de la balade nous mène à travers la forêt de Lemberg vers le Winterberg, un vaste plateau ensoleillé où s'alignent quelques rouleaux de foin. Au loin, au-delà d'un rideau d'arbres, on distingue les maisons de Holbach et de Frohmuhl.





On replonge dans la forêt pour prendre la direction des blockhaus et autres blocs de combat. Au bord du chemin se cache, enfoui sous la végétation, un modeste blockhaus pour fusil mitrailleur.





Aujourd'hui cernée de toute part d'une épaisse forêt, la casemate d'artillerie nᵒ 6 était équipée de canons d'artillerie de 75 mm d'une portée de 12 km. Quatre cloches émergent de la dalle de béton au sommet du blockhaus. Deux étaient équipées de fusils-mitrailleurs, une pour l'observation au périscope et la dernière était prévue pour un mortier de 50 mm.





Une bonne centaine de mètres plus loin, c'est le bloc nᵒ 4 qui se dévoile au milieu des arbres. Il était équipé d'un canon d'obusier d'une portée de près de 6 km pour la défense des ouvrages environnants.



Différents obstacles étaient également disposés en avant des blocs pour ralentir et empêcher l'ennemi de progresser. Pour contrer les fantassins, des pointes acérées étaient plantées au milieu des barbelés. Pour bloquer l'avancée des chars ennemis, un réseau de rails de 2 m de long et sur 6 rangées de profondeur a été planté à la verticale.





À la veille de la guerre, l'ensemble du site, couvrant une superficie de 54 hectares, était totalement déboisé. Toutes les constructions étaient reliées entre elles par un réseau de couloirs de 5 km. L'essentiel des ouvrages étaient enterrés à 30 m de profondeur.





Une soucoupe volante ? Non, c'est le bloc nᵒ 1, surmonté d'une tourelle amovible pour mitrailleuses d'un poids de 96 tonnes et de 2 mètres de diamètre. Mais soucoupe volante ou pas, l'heure de déballer nos sacs à dos approche à grands pas. Nous retournons vers l'accueil pour nous restaurer avant de plonger dans les entrailles de la bête tentaculaire.





C'est par un escalier sans fin que nous descendons à 30 mètres sous terre. Il fait frais, presque froid, à peine 15° entre ces murs humides. C'est la température ambiante qui règne ici toute l'année, été comme hiver.





Des salles et de longs couloirs se succèdent. Ici le système de filtration et de renouvellement de l'air ambiant, là d'énormes moteurs diesel pour la fourniture d'électricité, ou encore les ateliers d'entretien et de réparations. À chaque arrêt, les explications fournies par notre guide étaient à la fois claires et détaillées.





Dans les tunnels circulaient des trains électriques à voies étroites de 60 cm pour le transport des hommes et des munitions vers les différents blocs du complexe souterrain du Simserhof. On se croirait presque dans un tunnel de métro.





Des cuisines, une boucherie, une infirmerie, une salle de détente, des dortoirs ainsi que des douches et des W.C. composaient le casernement. Sans oublier trois cellules pour d'éventuels récalcitrants.





La visite se termine. La sortie se fait par l'entrée des munitions. Ceux-ci étaient acheminés depuis Wingen-sur-Moder sur une voie à écartement normal jusqu'à Saint-Louis-Lès-Bitche. De là, les munitions étaient transbordées sur des wagonnets de voie de 60 cm d'écartement puis acheminées au Simserhof.





Devant le bâtiment d'accueil du Simserhof est exposé un char AMX-30 B2 baptisé "Eckmühl". Ce nom fait référence à une localité de Bavière où a eu lieu une bataille remportée par Napoléon en avril 1809 lors de la campagne d'Autriche.



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